DES BANCS DE LA MARINE AUX BANCS DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Pouvez-vous nous raconter en quelques mots votre première vie d’engagements ?

Je suis entré dans la Marine en 1988, après une formation d’infirmier, je rejoins l’école des fusiliers marins de Lorient. En 1994, sportif et intéressé par les activités opérationnelles, la direction de l’école me propose d’effectuer le stage commandos Marine, puis la formation parachutiste et plongeur.

J’ai eu l’honneur au cours de cette « première vie » de servir dans les commandos Jaubert et Trépel, puis de rejoindre le groupe CTLO (Contre-Terrorisme et Libération d’Otages). En tant qu’infirmier, j’étais contraint à une double exigence : celle du paramédical et celle du combat. 24 ans dans la marine, dont 17 dans la Force des Fusiliers Marins Commandos, représentent une vie d’engagement absolu, d’apprentissage permanent, de gestion des risques et des imprévus.

Je quitte la Marine à 42 ans, après avoir été formateur à l’Institut en soins infirmiers de Lorient ; une opportunité pour moi de transmettre mes années d’expériences du terrain à des opérateurs de premiers secours au combat.

Deux ans après votre départ de la Marine, vous êtes élu maire avec près de 70% des voix au premier tour, sans aucune expérience en politique. Comment avez-vous gagné cette bataille ?

Les élections municipales de Brandérion, commune de 1500 habitants proche de Lorient, où je réside depuis 2000, prenaient place en 2014. J’avais envie de participer à la dynamique de ma commune, et je connaissais les attentes de la population.

Je décide alors de monter une liste citoyenne avec des gens de droite et de gauche autour d’un projet humaniste et républicain pour notre territoire.

Avec détermination, je me lance dans cette campagne en suivant une méthode, celle de la « War Room ». Je définis une ligne de temps sur deux ans, j’identifie les ressources nécessaires, puis je séquence toutes les étapes clefs. Nous constituons une équipe, avec des profils complémentaires et surtout un véritable esprit d’équipage. 20 à 25 personnes s’investissent ainsi chaque jour pour expliquer le sens de notre engagement et aller au contact de la population.

Cette approche très méthodologique, héritée de ma première vie au sein des unités des Forces Spéciales, a permis à chaque membre de l’équipe de s’inscrire rapidement et durablement dans le projet, de trouver sa place. Chacun était invité à restituer au reste du groupe la séquence qu’il allait mener et sur laquelle il était le leader. Cette organisation a participé à l’émancipation individuelle tout en renforçant l’esprit d’équipe. Elle nous a permis d’atteindre notre objectif.

Vous rejoignez dès 2016 le mouvement En Marche ! et devenez très vite député de la 6ème circonscription du Morbihan. Une fois de plus vous avez mené votre équipe au succès…

Mon rôle est de tenir la barre et de maintenir le cap. Je fixe les objectifs et facilite le travail des équipes.

Je valorise toutes les petites victoires et « désamorce » les échecs, toujours dans la bienveillance. Le « RETEX » est très important dans l’équipe. Chacun explique ce qui l’a amené à faire les choses, ce qui permet au reste de l’équipe de comprendre la logique de l’autre, et donc de mieux communiquer avec lui. Les échecs des uns sont des enseignements pour les autres. Verbaliser une maladresse, la reconnaitre, met en confiance le reste du groupe. On part du constat que chacun est animé d’une force collective, ce qui développe des axes d’amélioration. Rester « campé » derrière son égo, ne pas reconnaitre ses erreurs, c’est ne pas évoluer !

Quel homme de pouvoir êtes-vous ?

Je récuserais ce terme. Je suis un homme politique certes, mais qui ne pourrait pas avancer sans ses militants. Mes concitoyens, chaque jour, inspirent mon engagement. J’ai opté pour une liste citoyenne car je voulais entrer dans un mode de gouvernance différent. C’est le collectif et l’intérêt général qui m’intéressent avant tout.

Lorsque vous vous lancez en politique et que vous décidez de mener une campagne, votre motivation doit être sans faille pour provoquer l’adhésion. Seul, on ne fait rien. La construction d’un projet, pour qu’il ait du sens, doit partir des besoins, qu’il s’agit de comprendre, puis de transformer en projets. Je ne m’inscris pas dans des rapports de pouvoir. Je sais me remettre en question et remettre aussi en question les objectifs fixés, car j’ai à cœur de les co-construire avec mon équipe.

L’humain et le rapport à l’autre nourrissent notre détermination. C’est également un héritage fort des Forces Spéciales dont le cœur reste le collectif, en dépit de toutes les épreuves auxquelles nous faisions face.

Ce qui m’aide également dans cette nouvelle mission, c’est ma capacité à m’adapter dans la durée. Je suis en effet exposé, par ma fonction, à beaucoup de stress, au manque de temps, au manque de sommeil et par voie de conséquence à une alimentation parfois déséquilibrée. Mon expérience dans les Forces Spéciales m’a appris à gérer tous ces facteurs et à préserver mes ressources.

En savoir + : www.jeanmicheljacques.fr

twitter : @J_M_Jacques

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