Le chef n’est pas toujours celui qui a le plus de galons

Julien Pelabere négociation NERA

« En négociation, celui qui croit tout savoir ferme les portes. Celui qui distribue la parole les ouvre toutes. »

Deux mondes en apparence opposés : les opérations spéciales et la table de négociation. Pourtant, lorsque Julien Pélabere et Jérôme Mandin ont confronté leurs expériences, une conviction commune est apparue avec évidence : le leadership ne se concentre pas, il se distribue.

Le paradoxe commando : l’individualisme au service du collectif !

Jérôme Mandin

Quand on recrute un commando Marine, on cherche d’abord un profil très « individualiste », quelqu’un capable de se sortir tout seul des situations compliquées. Parce que dans une équipe de Forces Spéciales de 5 à 10 personnes, un de moins, c’est 10 % à 20% de la capacité d’action qui va manquer : dépendre des autres n’est donc pas une option.

Et pourtant.

Une fois qu’on s’est assuré que ce candidat commando Marine sait se débrouiller seul, on lui fait rapidement comprendre qu’il n’aura de valeur que par les autres et que la réussite de la mission sera collective…ou ne sera pas !

Et ensuite.

Les leaders des équipes de commandos Marine vont pouvoir s’appuyer sur les fortes compétences individuelles que chaque équipier aura développé pour lui laisser la pleine responsabilité de la préparation et de la conduite de « séquences » d’une opération : c’est la compétence qui prime sur le grade et il est fréquent que le leader soit momentanément « sous les ordres » d’un de ses équipiers.

Charge au leader de gérer en permanence le délicat équilibre entre « pousser l’individualisme de chacun à son maximum » et « lui rappeler qu’il doit mettre ses compétences au service de l’équipe ». Et ça n’est pas une mince affaire…

Le même paradoxe, en salle de négociation

Julien Pelabere

Je le vois chaque semaine.

Les équipes qui échouent en négociation ? Ce sont souvent celles où le « chef » parle en premier, parle le plus, et parle le dernier. Où les expertises des autres ne trouvent jamais leur moment.

Les équipes qui réussissent ? Celles où chacun sait quand c’est son tour de prendre le lead. Où le silence du chef n’est pas un vide, c’est un espace qu’il crée volontairement pour que la compétence s’exprime au bon moment.

Même mécanique, autre terrain.

Ce que ça change concrètement

Jérôme Mandin

La distribution du leadership pratiquée dans les équipes de Forces Spéciales de la Marine a de nombreuses vertus :

1 – Laisser faire le plus compétent…qui n’est pas forcément le plus gradé !

2 – Améliorer le « niveau de jeu » des équipiers : la responsabilité de « leader temporaire » leur met une pression les obligeant à monter leur performance dans de nombreux domaines.

3 – Donner du temps et du recul au leader pour s’occuper de toutes les contingences extérieures et pour avoir une vision plus large et plus globale sur l’ensemble de l’opération (et sur son équipe), au lieu de se concentrer sur des « séquences » de l’action limitant inévitablement sa capacité à embrasser l’ensemble du sujet et à prendre les bonnes décisions.

Le leadership distribué, ce n’est pas de la théorie, c’est ce qui permet à une petite équipe de faire ce que des grandes unités ne savent pas faire. Et parfois d’aller là où d’autres n’y arriveraient pas.

Le point de bascule

Julien Pelabere

Ce qui est difficile, ce n’est pas de comprendre le concept.

C’est de laisser la main au bon moment : sous pression, quand tout va vite, quand l’enjeu est fort et que l’instinct pousse à reprendre le contrôle.

Dans un comité de direction comme en salle de négociation, il y a toujours 2 ou 3 personnes qui pourraient être le patron. Le défi, c’est qu’au moment où ils rentrent dans la pièce, ils laissent leur ego à la porte. Pas pour s’effacer, pour contribuer à quelque chose de plus grand qu’eux.

La conviction partagée

Vingt ans dans les commandos marines et autant à accompagner des équipes de direction pour l’un, des années à former des équipes à la négociation pour l’autre. Nos terrains sont différents, notre conviction est identique : sous pression, les meilleures décisions sont toujours collectives.

48h pour décider sous pression

séminaire négociation julien pelabere

Prendre les bonnes décisions grâce à la négociation d’influence et aux méthodes de préparation des Forces Spéciales quand le cadre et les repères habituels disparaissent et que les interlocuteurs se font pressants

Un programme immersif de 48 heures dans le Campus PEGASUS de la Base des sous-marins de Lorient avec les commandos Marine de Pégasus Leadership et les negociateurs de l’Institut NERA.

Destiné aux dirigeants, top managers et leaders d’équipe confrontés à la prise de décision dans l’incertitude, quand l’information est incomplète, le temps contraint et les enjeux élevés.


Don’t panic, follow us 🐟 : LinkedIn